Homélie – Dimanche 4 juillet 2021

Dimanche 4 juillet 2021

14ème dimanche – année B

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    La vocation et la mission du prophète Ezéchiel rappellent celles de tout chrétien. Le jeune Ezéchiel investi par l’Esprit se sent appelé à parler au peuple d’Israël au nom de Dieu. Mais Dieu ne lui cache pas la difficulté de sa mission : ce peuple est rebelle. Il n’a pas écouté les prophètes qui lui ont été envoyés.

   En quoi a consisté la mission d’Ezéchiel ? A inviter le peuple à se détourner des idoles, à dénoncer ceux qui oppriment les pauvres, à montrer du doigt les hypocrites qui offrent des sacrifices tout en commettant des injustices. Bref, à inviter le peuple à se convertir.

   Si le prophète n’est pas tenu à une obligation de résultat, Dieu, lui, donne au peuple la preuve de la ténacité de son amour. Il ne capitule jamais d’aimer, il ne désespère jamais de convaincre l’homme de se tourner vers lui, et il tente tout pour se faire connaître.
   La réponse est laissée à la liberté humaine. Comme Ezéchiel, Paul est conscient de l’extraordinaire force que Jésus lui a donnée en se révélant à lui. A travers son ministère, il a aussi compris que la force divine se manifestait avant tout lorsqu’elle éclatait dans l’impuissance de l’homme. Ce ne sont ni les beaux discours ni les actions d’éclat qui révèlent la grandeur divine, c’est, au contraire, le fait que le succès passe par des êtres apparemment faibles. Ainsi, tout chrétien, en dépit de ses limites et de ses faiblesses, estlm appelé à vivre sa foi et à en témoigner, quand bien même les vents semblent si souvent contraires.

   Comment témoigner de la Bonne Nouvelle dans la joie, comme nous y invite le pape François, alors que Jésus lui-même a été rejeté par les siens ? Les gens de Nazareth n’ont pas vu au-delà du charpentier. Il leur a été difficile de reconnaître Jésus pour ce qu’il est vraiment. Même ses proches ont mis des années pour l’identifier. Et la plupart n’ont pu vraiment le faire qu’après sa mort et sa résurrection, et encore dans la mesure où l’Esprit Saint leur était donné. Pour eux, c’est la précision administrative de la fiche de l’état civil de Jésus : fils de Marie, frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon. Qui aurait osé soupçonner Dieu derrière un Juif aussi bien répertorié ? Ils ont eu du mal à reconnaître sa qualité de Messie.

   Le récit du retour de Jésus à Nazareth nous apprend à ne pas trop vite mettre des étiquettes sur les gens, même sur ceux que nous semblons bien -même trop bien- connaître. Souvent, nous croyons tout savoir sur quelqu’un et nous l’enfermons dans nos certitudes et nos préjugés.

   Reconnaître Dieu dans un personnage aussi proche, aussi familier, exige les yeux de la foi. Et Jésus n’en est pas choqué. Il justifie leur réticence par une parole de l’Ecriture : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa maison. » Sa remarque dissimule un début de reproche : leur manque de foi. A cause de l’incrédulité des nazaréens, Jésus n’a pas pu faire dans son village tout ce qu’il avait fait ailleurs.

 

Père Claude Nzas