Homélie – Dimanche 30 mai 2021

Dimanche 30 mai 2021

Sainte Trinité

   Le mystère de la Sainte Trinité est à a fois le mystère le plus fondamental de notre foi et le plus difficile à accepter parce qu’il dépasse la raison humaine. Il est le plus fondamental parce qu’il est à la racine de notre foi : en effet, même si Jésus n’a jamais prononcé le mot « Trinité », il a toujours parlé de Dieu comme son Père, de lui-même comme le Fils de Dieu envoyé par ce Père pour le salut des hommes, et enfin il a parlé du Saint Esprit comme le défenseur qu’il enverrait d’auprès du Père à ses disciples pour les guider dans la vérité et répandre l’amour de Dieu dans leurs cœurs.

   Dans le credo, expression de notre foi, il est affirmé que Dieu est Un en trois Personnes.
La conception chrétienne de Dieu a hérité de l’Ancien Testament l’affirmation de l’unicité de Dieu. Le livre du Deutéronome affirme avec force la foi en un seul Dieu. Or, cette conception d’un Dieu unique et transcendant, créateur de toutes choses, n’est pas allée de soi. Elle s’est dégagée peu à peu des brumes du polythéisme ambiant. Au cours de leur histoire les hébreux ont croisé des peuples aux croyances polythéistes et idolâtres (cananéens, égyptiens), mais s’en sont démarqués. Leur Dieu devient le partenaire d’une alliance.
Par la voix de Moïse : Dieu est Un, il n’y a aucune division en lui.

   Mais le Nouveau Testament nous apprend que Dieu est aussi relation d’amour entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Même si Jésus n’a jamais prononcé ce mot Trinité, mais il a toujours parlé de cette réalité Trine.

   Comme aujourd’hui, dans ce texte d’envoi de ces disciples avant l’Ascension : « Allez de toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », cette formule trinitaire, reprise dans le signe de la croix, renvoie aux trois Personnes du Dieu unique des chrétiens. Comment
comprendre que Dieu soit Un et Trine à la fois ? Le mystère de la Trinité ne vient pas altérer cette unité parfaite. Nous le savons, grâce à l’incarnation, parce que Dieu s’est fait l’un de nous en Jésus, parce qu’Il n’est pas resté dans sa transcendance inaccessible, mais a accepté l’immanence dans l’abaissement du Fils (kénose) pour être avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Dieu étant l’Amour, il ne saurait être solitaire. L’amour est dialogue, partage, communion. Nous l’expérimentons tous les jours. Et avec ces images, Jésus éclaire sa révélation : Dieu est l’amour qui se donne, comme un Père de tendresse. Dieu est l’amour qui se reçoit : comme un Fils de bienveillance.
Dieu est l’amour qui se partage : en Esprit de communion.

   Et ce mystère se réalise à chaque baptême. La Trinité se manifeste comme au baptême de Jésus. Il redit « tu es mon Fils bien-aimé » faisant de Jésus notre témoin, l’Esprit se joint à ce rite.
Saint Paul n’a jamais utilisé l’expression « Trinité », il n’en demeure pas moins qu’il insiste sur le rôle de l’Esprit qui nous relie au Père et au Christ, comme il fait le lien entre Jésus et le Père. Par le Fils et dans l’Esprit, notre lien à lui est tellement intime qu’il fait nous ses enfants.

 

Père Claude Nzas