Homélie – Dimanche 2 mai 2021

   La parabole de la vigne que nous propose le Seigneur Jésus nous invite à une lecture du cœur, une approche intériorisée pour nous amener graduellement à notre vérité profonde. Jésus présente de façon très concrète la relation qui nous lie à lui et à Dieu son Père.

   Nous les croyants, nous sommes branchés sur le Christ comme les sarments d’une vigne branchés sur le cep. Pas de vie possible pour les sarments sans ce lien avec le cep. Comme la sève coule du cep aux sarments, la vie de Dieu coule du Christ à nous. C’est pourquoi Jésus peut oser dire : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire », c’est à dire, vous ne pouvez agir comme enfants de Dieu. Il nous faut donc demeurer rattachés à Jésus, demeurer en lui. Quels sont les principaux indices qui montrent que Dieu et son Fils Jésus demeurent en nous et nous en eux ? Autrement dit : si tirons notre sève de Dieu, si nous la puisons en Jésus-Christ, pouvons-nous produire d’autres fruits que ceux de Dieu ? Pouvons-nous dégager un autre parfum que celui de Dieu, c’est à dire, l’amour, la bonté, le service, la fraternité ? Si la vie de Dieu ou de Jésus est en nous, pouvons-nous produire de la méchanceté, de la haine… les fruits de Satan ? C’est une
question de vérité, il n’y a ici aucun regard moralisateur ? Si je mange des haricots, je ne peux vomir que des haricots…

   Jésus poursuit sa comparaison : un sarment qui ne porte pas de fruit est enlevé. Son infécondité réside dans le refus de l’amour de Dieu. Si nous nous coupons de Dieu par la faute/le péché, nous nous desséchons, c’est-à-dire la vie de Dieu n’est plus en nous. Nous pouvons avoir peur en nous identifiant au destin funeste des sarments improductifs, qui semble mettre à mal la miséricorde divine. Pour nous rassurer, Jésus insiste sur le rôle purificateur de sa parole, et les sacrements sont là pour nous purifier, émonder nos peurs, nos doutes, nos fautes, nos erreurs, bref tout ce qui nous aliène et nous empêche d’avancer sur le chemin de la vie. Il n’y a pas de croissance spirituelle possible sans certaines
purifications de la part de Dieu, notamment par le sacrement de pardon. Comme un vigneron coupe, retranche les bourgeons superflus sur sa vigne afin de fortifier le plant, le Père nous taille, nous purifie par sa parole et la grâce des sacrements, afin que nous puissions porter encore davantage du fruit, càd, que nous rayonnions sa joie et son amour.

   Nous le voyons dans le cas de Saul, de son nouveau nom Paul, après sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas, il est devenu un autre homme, puisque désormais branché sur le Christ ressuscité, il est passé de persécuteur au disciple.

   Faire confiance au Seigneur et à l’Esprit qui ont la capacité de s’emparer de quelqu’un, quoi qu’il ait fait, quoi qu’il ait vécu, et de le transformer.

 

Père Claude Nzas