Homélie – Dimanche 14 mars 2021

Dimanche 14 mars 2021

4ème dimanche de carême

   A première écoute, il peut sembler très difficile de saisir le sens des trois lectures qui  nous sont proposées aujourd’hui. 

   Pour comprendre la première lecture, rappelons certains faits historiques : vers 590  avant Jésus Christ, le roi Nabuchodonosor de Babylone (irakien) s’empara de  Jérusalem et déporta une grande partie du peuple juif dans son pays. Cet exil est  compris comme l’accomplissement d’une prophétie de Jérémie et comme une punition de Dieu à cause des infidélités des Juifs à son égard. 

   Croire que ce qui atteint l’homme est l’effet de l’action divine qui rétribue selon les actes est une conception qui peut nous polluer, à un moment ou à un autre de notre vie. Comment entendre la plainte d’un homme juste atteint d’un malheur et qui crie à  l’injustice : « Mais qu’ai-je fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive pareil  malheur ? » Comment voir dans nos malheurs une punition de Dieu, si on n’a pas commis de péché ? Mais le texte nous montre que, même lorsqu’il punit, Dieu garde encore son amour : un peu comme des parents qui punissent leurs enfants non par esprit de vengeance mais par amour, afin de les aider à évoluer. 70 ans plus tard, Dieu  suscita un autre roi, Cyrus (perse), qui permit au peuple juif en exil de retourner en Palestine pour reconstruire le temple de Jérusalem. Bref, Dieu veille sur son peuple

   Quand Paul dit que le salut ne vient pas de nous, de nos actes, mais uniquement de  Dieu par le Christ, que veut-il dire ? Il ne veut pas dire que nos efforts ne valent rien,  que nous n’avons rien à faire pour obtenir le salut, que nous n’avons qu’à l’attendre  passivement de la part de Dieu. Nous avons ici le cheval de bataille de toute l’existence  de Paul : Pour lui, le salut vient d’abord de la foi en Jésus Christ, de la grâce  de Dieu, et non pas d’une observance de la loi de Dieu que les hommes  accompliraient par leurs forces. La grâce de Dieu précède notre action  personnelle. Il faut donc reconnaître l’action prévenante et constante de Dieu en nous, en même temps voir sans orgueil les efforts que nous faisons pour y correspondre. Paul dit ailleurs : « ce que je suis, je le dois, à la grâce de Dieu et sa grâce à mon égard n’a pas été vaine. Au contraire, j’ai travaillé plus que tous les  apôtres…pour mériter cela » Co 15,10. Ou encore St Jacques : « la foi sans les  actes est une foi morte » Jc 2, 26  

   L’évangile nous fait voir le visage réel du salut de Dieu : l’amour miséricordieux de Dieu  vient vers nous par le don de son Fils : Dieu a tellement aimé le monde qu’il a  donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais  qu’il ait la vie éternelle. Pour guérir de la morsure du péché, nous n’avons plus  désormais qu’à regarder vers Jésus élevé sur la croix : c’est le signe insurpassable de l’amour de Dieu. 

   Les trois textes décrivent le péché comme une mort parce qu’il nous coupe de Dieu qui est la vie et parce qu’il détruit en nous l’image de Dieu. En  contemplant le Crucifié, nous réalisons que nous sommes déjà sauvés.

 

Père Claude Nzas